Bonjour chez vous
Le mot nomophobie désigne la peur d’être sans téléphone portable. Il existe depuis 2008 dans la langue de Shakespeare, forgé à partir de « no mobile phone phobia », et est entré dans le Petit Robert en 2016. Le terme harpaxophobie désigne quant à lui la peur irraisonnée d’être victime d’un vol (en grec ancien harpax, c’est « rapace » ou « pillard »). Dans ma collection de trouilles irrationnelles, j’ai juste l’agoraphobie, la climacophobie (klimax c’est « l’escalier, l’échelle » ; les descendre c’est l’enfer je me vois toujours tomber), la cremnophobie (kremnos, c’est « le précipice », donc n’importe quel vide genre la fosse du métro fait parfaitement le taf), et un level assez élevé en phobie administrative. À noter que cette terreur-là n’est pas répertoriée dans les tablettes de la Maboulerie Officielle. Cette expression a été popularisée en 2014 par Thomas Thévenoud, alors secrétaire d’État au Commerce extérieur du gouvernement Valls, pour justifier ses « oublis » fiscaux. À noter également qu’après sa démission, Thomas Thévenoud a déposé « phobie administrative » à l’INPI, comme Nabilla l’avait fait un an avant avec sa réplique sur les filles sans shampooing. Comptait il décliner la formule en tote bags, teeshirts, casquettes et mugs ? L’histoire ne le dit pas. Mais ce que dit la mienne, c’est que si j’avais un brin de nomophobie doublée par une sévère harpaxophobie, j’aurais gardé mon sac sur moi pendant la fin de la soirée d’Halloween et je ne serais pas présentement sans tel, ni cartes, ni papiers, perdue au milieu de Kafkaland. Mais bon, disons qu’au moins, si la situation me fait total dévisser, elle permet également de faire surgir ici-même :
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